Test |  Le moteur DJI Avinox sur l’Amflow PL : la nouvelle référence VTTAE ? 

Par Paul Humbert -

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Il a fait tourner toutes les têtes en arrivant par surprise sur le marché du VTTAE. L’Amflow PL est complètement inconnu mais embarque le premier moteur d’une marque qui l’est moins : DJI. Avec son moteur Avinox et un châssis conçu dans le giron de la marque, le géant chinois tape fort avec des chiffres de puissance et de poids impressionnants. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Réponse en vidéo après plusieurs semaines de test :

Amflow, DJI, ça ne vous parle pas ? On vous a préparé une présentation complète du vélo et du moteur : juste ici.

La Gamme VTTAE Amflow PL 

Deux modèles sont disponibles. L’Amflow PL Carbon (6499 €) et l’Amflow PL Carbon Pro (9999 €). Les deux partagent le même moteur DJI Avinox, les composants électroniques, le logiciel… seuls les composants changent. 

Sur la version la plus haut de gamme, il est possible de choisir une batterie de 600 Wh, au lieu de la 800 Wh.  On retrouvera sur le vélo une transmission T-Type Sram X0, un amortisseur Fox Float X et une fourche 36 Factory, des roues Amflow en carbone, une tige de selle Fox Transfer Factory et des freins Magura MT5. 

Sur la version PL Carbon à 6499 € de notre test, on retrouve des freins Magura MT5, une tige de selle KS, des roues aluminium, un amortisseur Fox Float, une fourche de la série Performance chez Fox, et une transmission à câble Sram GX. 

Le vélo est disponible en quatre tailles (M,L, XL, XXL), dommage pour les plus petits riders. En option, il est possible d’acheter une petite sacoche de cadre (+ 49 €). 

L’Amflow PL Carbon sur le terrain

Avant de lire ce compte rendu de test, nous vous invitons à visionner notre vidéo complète qui vous permettra de découvrir les choix techniques effectués par Amflow et DJI. Vous retrouverez également notre grand compte rendu sur le terrain. 

L’Amflow PL carbone est un vélo équilibré, duquel se dégage une sensation de relative légèreté. Evidemment, à un peu plus de 21 kg, on ne peut pas parler de vélo léger, mais face aux autres VTTAE équipés d’une batterie de 800 Wh, il fait partie des poids plumes. Très clairement, il est presque comparable à certains VTTAE à assistance légère dans son ressenti sur le terrain, une fois le moteur allumé. 

Le châssis du vélo est bien conçu, en suivant une construction assez éprouvée autour d’une cinématique de four bar linkage. De loin, il aurait même un petit air de Specialized Levo SL. Ce qu’on retiendra du vélo, c’est son comportement facile et agile à basse vitesse. Il est également très confortable et filtre bien la grande majorité des chocs. On sort toutefois de sa zone de confort quand la vitesse augmente, et où le vélo devient plus difficile à tenir quand on sort d’un rythme « balade » et qu’on se trouve dans la pente ou des sections très cassantes. Clairement, l’Amflow PL Carbon a un ADN plus all-mountain qu’enduro et deviendra plus difficile à tenir dans ces conditions.

En montée, le vélo offre un bon grip et ne cabre pas excessivement. 

C’est un châssis bien conçu qu’on peut facilement conseiller à beaucoup de monde, mais peut-être pas aux riders les plus engagés qui cherchent une machine d’enduro ou de descente uniquement. 

Côté moteur, DJI a voulu aller vers plus de puissance. Avec les dernières mises à jour de Bosch ou Shimano, avions-nous un véritable besoin de plus de puissance ? Probablement pas, mais on prend vite goût à la recette proposée par DJI. 

Dès les premiers tours, on sent qu’on passe un cran au-dessus côté assistance. Ça pousse fort ! Mais là où DJI sort du lot, c’est dans sa capacité à maîtriser son moteur et à lire le terrain sous les roues du vélo. On ne dérape pas excessivement dans les portions techniques, et l’assistance n’est pas délivrée « à tout prix ». On dose et on contrôle. Ce qui surprend surtout, c’est la poussée du moteur qui continue après la fin de notre coup de pédale. Cette version chinoise de ce que Bosch a appelé « l’extended  boost » permet de lisser son effort et d’éviter de nombreux à-coups dans l’assistance. On doit adapter son pilotage à cette technologie mais on gagne en contrôle et en fluidité dans les montées. 

On a aimé pouvoir paramétrer les modes d’assistance dans l’application afin d’économiser un peu d’énergie et d’adapter les modes eco et trail à nos préférences personnelles. Le mode auto s’est également révélé très bon. 

Et qu’en est-il du mode « boost » disponible 30 secondes (mais qu’on peut répéter). Initialement, nous allions écrire qu’il était assez gadget et que le mode turbo répondait déjà parfaitement à tous les besoins de puissance. Mais c’est en mode boost uniquement que nous avons réussi à franchir certains passages ridiculement raides. Il faut doser sa montée avec le frein pour contrôler son vélo, mais c’est une botte secrète que DJI propose en cas de coups (très) durs. 

Les modes sont accessibles directement sur un écran tactile (qui fonctionne même avec des gants), sur son téléphone, ou tout simplement sur la commande à deux boutons située à gauche du guidon. À droite du guidon, une seconde commande (un peu superflue) permet de naviguer dans les infos de la sortie (kilomètres, dénivelé, watts etc.). Tous les affichages sont paramétrables depuis le téléphone de l’utilisateur. 

Et côté autonomie ? Il est toujours difficile de juger de l’autonomie d’un VTTAE tant le terrain, le poids du pilote et la manière de pédaler font varier les valeurs, mais sans chercher à aller à l’économie, et en pesant 75 kg, nous avons pu grimper 1800 m de dénivelé facilement. 

Et quand on tend l’oreille ? Rien, ou presque rien. Le moteur est vraiment discret, et assez comparable à la dernière génération de moteur Bosch. 

À l’issue de ce test de quelques semaines réalisé en hiver, nous n’avons pas pu répondre à une question : comment est-ce que la chauffe du moteur est gérée, et est-ce qu’on perd en puissance quand le moteur est poussé à bout en plein été. Rendez-vous dans quelques mois pour pouvoir répondre à cette interrogation.

Il faudra encore patienter un peu pour connaître les retours très longue durée de ce vélo arrivé récemment sur le marché. Quelle sera la durée de vie de ce système et de ce moteur ? Ce dernier est garanti 2 ans, et le cadre 5 ans. 

Sans contrôle, la puissance n’est rien, et DJI l’a bien compris. En produisant sa motorisation Avinox, la marque chinoise frappe un grand coup et coiffe au poteau les ténors du marché. Plus de puissance, plus de couple, un écosystème léger et abouti, un software et une application performants : les autres devront se mettre au niveau. Pas de doute que le travail est déjà bien enclenché chez les autres motoristes. Est-ce que vous avez besoin de toute cette puissance ? Probablement pas, mais on prend un plaisir fou à son guidon. Ce qui est certain, c’est qu’on devrait rapidement retrouver ce moteur Avinox chez d’autres marques de vélos et qu’il y aura un avant et un après DJI Avinox. 

Plus d’infos sur le site de la marque : amflowbikes.com

Par  Paul Humbert